Pas de demi-mesure : le cododo divise, intrigue, rassure ou inquiète. Cette pratique, qui consiste à partager le lit parental avec son bébé, séduit de nombreux jeunes parents. Entre l’envie de renforcer le lien parent-enfant et la réalité de l’allaitement nocturne, le cododo s’impose dans bien des foyers, tout en soulevant de vraies préoccupations sur la sécurité. Les pédiatres alertent : suffocation, hyperthermie, chutes, les dangers sont bien réels et ne doivent pas être sous-estimés.
Adopter le cododo, c’est accepter de s’informer, de se remettre en question et de ne pas jouer avec la sécurité de son enfant. Si l’idée de dormir avec bébé rassure, il faut aussi apprendre à sécuriser cette expérience. Impossible de s’improviser expert du sommeil partagé sans quelques règles de base : choisir un lit cododo pensé pour l’occasion, dire non aux couvertures épaisses, vérifier que le bébé ne risque à aucun moment de tomber, chaque détail compte. En respectant les mesures adaptées, le cododo peut devenir une aventure paisible, loin des inquiétudes.
Les risques du cododo
Partager le lit parental avec un nourrisson n’est pas un geste anodin. Plusieurs dangers guettent, certains sournois, d’autres brutaux. Ce sont principalement l’étouffement accidentel par un parent, la chute du lit et le spectre de la mort subite du nourrisson (MSN) qui inquiètent spécialistes et familles.
Étouffement par un parent
L’un des risques majeurs se glisse dans l’inattention d’une nuit trop courte : un parent épuisé peut, sans le vouloir, se retourner sur son bébé endormi. La fatigue, l’alcool ou certains médicaments multiplient ce danger. Les professionnels de santé sont formels : si l’un des adultes n’est pas pleinement éveillé ou lucide, le lit partagé doit être proscrit.
Chute du lit
Autre écueil parfois sous-estimé : la chute. Un nourrisson peut rapidement glisser entre le matelas et le cadre, ou basculer par-dessus le bord du lit. Installer une barrière, opter pour un berceau relié au lit parental, voilà des solutions concrètes pour éviter le drame. La prévention ne laisse pas de place à l’improvisation.
Mort subite du nourrisson
La mort subite du nourrisson reste l’angoisse numéro un. Le partage du lit augmente les risques, surtout au cours des premiers mois. Les organismes de santé, qu’il s’agisse de l’OMS ou de la Société canadienne de pédiatrie, s’accordent : il est préférable que le bébé dorme dans la même pièce que ses parents, mais dans un lit séparé, au moins jusqu’à ses six mois.
Pour limiter ces dangers, plusieurs gestes simples s’imposent :
- Choisir un matelas ferme, sans espace entre le matelas et le cadre du lit.
- Retirer oreillers, couvertures et tout objet mou à proximité du bébé.
- Écarter la tentation de dormir sur un canapé ou un fauteuil avec l’enfant.
Il ne s’agit pas de céder à la peur, mais de rester vigilant et d’adopter les recommandations médicales. C’est ce mélange de bon sens et de rigueur qui protège les tout-petits.
Comment éviter les dangers du cododo
Les autorités médicales sont unanimes : pour limiter les risques associés au cododo, il vaut mieux faire dormir le nourrisson dans la chambre parentale, mais dans un espace séparé. Cette mesure est préconisée jusqu’à six mois par l’OMS, la Société canadienne de pédiatrie, et relayée par de nombreux pédiatres français.
Pour renforcer la sécurité, plusieurs habitudes concrètes peuvent faire la différence :
- Privilégier un matelas ferme, sans aucun espace où un petit bras ou une jambe pourrait se coincer.
- Écarter tout oreiller, couverture ou objet mou, pour que le nourrisson respire librement.
- Ne jamais s’installer avec le bébé sur un canapé ou un fauteuil pour la nuit.
Des dispositifs comme les berceaux reliés au lit parental existent justement pour garantir la proximité tout en préservant la sécurité. Le bébé dort à portée de main, mais dans son propre espace, protégé des risques du grand lit.
Rester attentif, observer le moindre signe inhabituel, échanger avec le pédiatre en cas de doute : voilà ce qui fait la différence entre une expérience partagée sereine et une situation à risque. Les bonnes pratiques s’installent peu à peu, et avec elles, la confiance des parents.
Les bonnes pratiques pour un cododo en toute sécurité
Le Dr James McKenna, spécialiste du sommeil du nourrisson, le rappelle : le contact avec la mère crée l’environnement idéal pour le nouveau-né. Mais rien ne remplace la vigilance et quelques règles de base pour que la nuit reste un moment sûr. Voici les gestes à adopter :
- Vérifier que le matelas est bien ferme, que le nourrisson ne peut pas s’enfoncer ou se coincer contre le cadre du lit.
- Faire le tri autour du bébé : oreillers, couvertures, peluches et objets mous doivent rester loin de sa tête.
- Éviter absolument de dormir avec l’enfant sur un canapé ou un fauteuil, où le risque de chute ou d’étouffement s’envole.
Plusieurs études, dont celles de James McKenna et Lee Gettle, montrent que les berceaux reliés au lit parental offrent une solution concrète : proximité, sécurité et sommeil plus serein pour tous. Ce dispositif permet d’allier le besoin de contact et la prévention des accidents nocturnes.
Les recommandations des grandes instances (OMS, Société canadienne de pédiatrie, pédiatres français) convergent : jusqu’à six mois, la chambre parentale, oui, mais un espace de sommeil indépendant pour le nourrisson. Cette précaution réduit les risques tout en favorisant un climat rassurant pour bébé et parents.
Adopter ces habitudes, c’est choisir la vigilance plutôt que l’angoisse. Le sommeil partagé mérite mieux que l’improvisation : chaque détail compte pour traverser la nuit l’esprit tranquille. Et demain matin, croiser le regard de son enfant, paisible, vaut bien ces quelques efforts.


